4 jours.
4 jours, coincés entre deux feux,coincés entre une semaine et une autre, entre vacances et travail,entre beau et mauvais temps...
4 jours entre une descente de train avec une ptite boule au ventre pour toi comme pour moi, et une remontée dans l'autre sens le coeur un peu lourd...Un passage sur un pont sans vraiment s'en rendre compte la première fois et un deuxième passage sur ce même pont en n'ayant pas envie de le retraverser...
4 jours un peu comme hors du temps avec presque aucune intrusion du monde extérieur si ce n'est cet extrait de JT projeté par une télé muette dans un vieux bar qui passait du jazz...
On en ferait un film, on ne pourrait pas tout à fait le dater, aucun détail ne marquait vraiment l'époque après tout...A la rigueur on en ferait une vieille histoire remplie d'incohérences (comme celles de "Nos 18 ans" avec ses sacs East-Pak et ses Twingo^^)
Une bulle bien fermée des 2 côtés, avec à l'intérieur les évênements qui s'enchainent et un temps comme distortionné...Des journées qui passent trop vite, les heures qui les composent aussi ("déja 4h du mat, comment c'est possible ?")
C'est marrant j'ai l'impression d'avoir vécu dans une parenthèse pendant ces quelques jours, et de mettre le nez dehors ce matin ça m'a laissé une sensation bizarre, comme si même au dela du ciel devenu gris, les choses n'avaient plus la même couleur.
Ces 4 jours ont été tellement remplis de tout, que c'est un peu emmêlé dans mon esprit, alors les moments ne reviennent pas forcément dans l'ordre...
Ca commence par cette musique de Ricky Lee Jones, "On saturday afternoons 1963", musique d'un certain film...5 amis à genoux sous la pluie,et ces quelques notes en fond...J'étais touchée, toi aussi je pense puisque la première chose qu'on s'est dite en sortant de la salle de ciné, c'est qu'il fallait qu'on le trouve ce morceau.
(Enfin non c'est la deuxieme chose qu'on s'est dite, la première c'était "Beurk c'est quoi cet insecte immense ?!!"^^)
Pas d'ordre précis..Alors ce qui me vient ensuite c'est le visionnage de "My Girl" en mangeant des fraises Tagada, j'avais beau avoir vu ce film environ 200 fois, cette fois là avait une saveur différente et particulière (celle des fraises ?^^), peut être parce que je nous voyais à la fois devant et à l'intérieur de l'écran...Peut etre aussi parce que j'avais envie qu'il te plaise comme il me plait
Toujours en vrac jrepense à cette soirée sur les berges du Rhône, assis tous les deux sur ce petit ponton à minuit, seuls au monde avec les lumières de la ville au loin, les mains posées sur le bois frais, et ton portable qui murmure les notes de "Je t'écris" uniquement pour nous...
Et puis...
Cette chaleur persistante en fil rouge, "Mourir demain" chanté en gueulant sur mon canapé, tes discussions passionnantes avec mon ventilateur...Mon coca explosé sur le carrelage de ce restaurant trop chic pour nous,nos ballades nocturnes et notre retour à 1h du mat en suivant les rails du tram pour ne pas se perdre...Les petits dejeuners avec ce fichu Nesquick qui ne fondait pas dans le lait froid, la vue magnifique du haut de la grande roue (une fois que j'ai arrêté d'avoir peur d'être dedans^^), notre excursion sur le "chemin de traverse" (qui ressemblait plus à un quartier de prostituées qu'à un endroit extrait de l'univers d'Harry Potter à vrai dire ^^), toutes ces petites manies qui nous sont similaires...Nos parties de poker online longues de 3h même si on a pas été fichus d'en gagner une seule, les gouters sur cette table en bois bancale à la Brioche Dorée, la poésie magique de Wall-E, la musique du manège de la tête d'or...Et puis la pluie et le ciel sombre après notre visite chez la voyante, la lecture de tes écrits de jeunesse...Et puis tant d'autres chose qu'on pourrait rajouter à cette liste déja longue...
Mais c'est impossible de parler de tout, et puis comme ça, ça nous laissera des petites bribes de souvenirs qui reviendront de temps en temps nous chatouiller l'esprit, et qui viendront nous rappeler avec le temps ces 4 petits jours ou tout se jouait juste entre nous, notre musique, nos films, et nos univers si similaires...
On n'aura pas vu tous les films qu'on voulait voir, on n'aura pas mangé ces choses qu'on avait achetées pour les gouter ensembles, on n'aura même pas savouré de pailles à la fraise comme prévu...On n'aura pas gagné de partie de poker, pas eu le temps de faire une partie complète de Docteur Maboul...Le temps aura manqué...Mais pour celui qu'on nous a accordé, je trouve qu'on l'a plutôt bien rempli...Et moi non plus hier je n'avais pas envie que tu le repasses ce pont qu'on avait vu la veille de loin en écoutant "Je t'écris".
J'ai mis ton petit cadeau sur ma table de chevet. Il y a dessus cette fameuse dernière phrase qui dit "L'amitié c'est un oiseau libre qui ne s'envole pas parce qu'il se sent bien".
Si j'avais été un oiseau, je serais bien restée au sol encore quelques temps en ta compagnie... :)
oOo Saturdays afternoon in 1963 oOo


Commentaires
Par B.B.B. le 10/08/2008 à 11h18
Je viens juste de réaliser pour la photo ^^ En tout cas j'aime beaucoup l'actrice qui joue Clémence
Par Un passant... le 09/08/2008 à 14h56
G vu ce film y'a qq jours, j'y suis allé ac quelques clichés et franchement... Bien, sympa... Frais !

Et que de souvenirs remontant à la surface !...
Par B.B.B. le 01/08/2008 à 23h39
Je ne sais pas trop quoi dire car tu as si bien mal résumé ^^ Je dis mal car comme tu l'as dit, tu oublies des choses mais elles reviendront peu à peu en nous, nous distillant leur éternité enfermée sur le moment. Je réécoute On Saturday Afternoons On 1963 et je me dis qu'elle colle super bien, un mélange du sucré des vieilles chansons de films des années 80 et cette profondeur sans date que l'on affectionne tout particulièrement. Un monde à part situé entre My Girl et ces 4 jours, un peu comme cette bulle où je suis rentré lundi 28 juillet à 8h51 et dont je suis sorti le jeudi 31 juillet à 21h26, un monde, notre monde. Sans entrée, sans sortie, construit avec des Lego, fait d'un mélange de toutes les boites existantes. Un patchwork de sensations qui ne peut que plaire, une utopie éveillée seulement réalisable enfant un dimanche après midi, toutes les pièces étalées devant nous, comme un horizon de cette avenir qui n'appartiendra qu'à nous.

Ce fut ça ces 4 jours, d'abord une irrésistible envie que tout soit parfait, un oubli instantané du temps pendant et une tristesse empreinte de doute après. Comme une impression que finalement la vie c'est ça et que c'est à consommer sur place que la table soit bancale ou non...
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