Crepuscule-Road

Time Forgets

le 03/10/2008 à 20h59


oOo Music oOo

Je suis sortie de chez moi en t-shirt, sans un pull ou un manteau...
Inconsciente peut être.

En effet, l'automne, un peu joueur, ne m'avait pas prévenue que durant la nuit il avait finalement pris la place qui lui revient.
Il ne m'avait pas avertie que d'une aube à l'autre, cet été finissant mais encore bien tiède des jours précédents, avait finalement laissé la place à la réalité saisonnière...

Bon, j'aurai du m'en douter, c'est vrai...

Fidèle à lui même donc monsieur l'Automne...Sans forcément décider de se montrer un 21 septembre comme le veut pourtant la coutume était là, avec quelques jours de retard.

Un frisson qui prend de bas en haut, une chair de poule qui picote doucement les avant bras et quelques gouttes d'une pluie fine qui tombe lentement ont achevé de faire passer l'information, et puis cette sensation de froid qui remonte vivement et fait un peu tourner la tête...Pas d'erreur possible...

J'ai baissé la tête, et, comme une confirmation, une fine étendue de feuilles jaunes avait recouvert le bord des trottoirs...Encore peu nombreuses en ce début octobre certes, mais déja foulées et écrasées par l'emprunte humide et pressée des passants qui étaient passés par là avant moi...

En relevant la tête, je me suis surprise à remarquer que la plupart des gens avançaient penchés en avant, comme poussés par un vent pourtant assez faible...
Comme si l'automne courbait peu à peu les dos et faisait ployer les échines à l'image des branches des arbres se dénudant dans le même temps...
J'ai néamoins constaté rassurée que personne ne semblait perdre de feuilles...

J'ai continué à marcher, les mains dans les poches, frissonnant un peu trop, claquant légèrement des dents...

La saison en question étant bien sur reine des paradoxes, un léger rayon de soleil filtrait à travers l'allée d'arbres embrassant toute la rue, un rayon plutôt faible, jaune-orangé, qui allait mourir immédiatement dans les flaques d'eau qui parsemaient le sol tout en formant de minis arc en ciels...Un soleil noyé, un soleil malade comme dirait Grand Corps...Malade^^ donc, mais un soleil bien présent, unique survivant...

J'ai croisé mes bras,frissonnant de plus en plus, et penchée comme les autres, sans bien savoir pourquoi d'ailleurs, j'ai avancé contre un vent inexistant, trainant moi aussi des pieds dans ces feuilles à peine tombées.

Tout en savourant ces quelques notes de Yiruma dans mon baladeur, j'ai senti s'enclencher ce petit mécanisme inhérent à chaque saison...Cette clef qu'on entre doucement dans la bonne serrure, qui ouvre la bonne porte, au bon moment...Et qui fait qu'à un moment précis, on ressent les choses comme étant exactement à leur place...

Je n'avais pas envie d'être en automne durant les dernières semaines...Guettant avec une nostalgie inquiète les derniers jours de beau temps, de chaleur estivale...

Et puis, sans prévenir, mon esprit (quand même bien fichu) s'est retrouvé plutôt content du déroulement des choses...Je me suis mise à penser aux mois à venir...A ces soirs ou on rentre dans l'obscurité, en habillant le froid dune fumée claire qui nous vient de l'intérieur et qu'on souffle au rythme de nos pas, en se frottant les mains pour les réchauffer...Je me suis imaginée de retour chez moi, attrapant une bonne grosse couverture et un bouquin, dégustant des mikados au chocolat blanc et buvant un bon chocolat chaud...

J'ai pensé à ces couchers de soleil multicolores à venir, quand le soleil faible d'automne vient s'endormir sur les écorces d'arbres vides qui respirent le temps de quelques mois leur liberté retrouvée...

Le piano, cet air ambiant un peu frais, et la chair de poule qui m'avait pris depuis que j'étais sortie m'ont tout à coup fait me sentir indescriptiblement bien...C'était complètement éphémère...Comme ce souffle d'hiver qui disparait bien vite dans l'atmosphère, mais c'était agréable...
De ce type de sensations qu'on ne ressent que rarement, cette sorte d'adrénaline, de montée de bien être qui vient lentement à l'évocation d'une période, d'un moment ou d'une sensation à venir qui nous fait envie...Une sorte de petite hâte furtive qui disparait bien vite... 

Sans se presser, doucement mais surement, entre fines gouttes de pluie et feuilles échouées au sol, l'automne s'est amené pas à pas, avant de se faire un peu piétiner par les notres...

Et pour une fois j'ai eu l'impression qu'il avait simplement attendu que je sois prête...

Over The Sea

le 25/09/2008 à 02h30


oOo Music oOo

Il y a un âge de l'existence, un peu perdu entre deux courants...
Un âge éphémère situé juste au croisement de celui ou on ne comprends pas grand chose à la vie et de celui ou on comprends malheureusement un peu trop de choses...
Un âge précieux dont on sort un jour sans vraiment s'en rendre compte...
Une période durant laquelle l'imaginaire prend le pas sur le réel...durant laquelle on est capable de s'amuser de tout, ou plutôt "avec un rien" comme on dit...

Faire voguer une petite boulette de poussière entre les strilles d'un parquet pendant de longues minutes, faire rouler une voiture décapotable sur la rambarde d'un escalier comme si c'était un pont immense avec vue sur la mer, sauter à cloche pied entre deux endroits du sol en suivant des formes abstraites ...
De notre faculté à croire qu'une goutte de pluie sur un carreau a une histoire avant et après sa chute du ciel nait toute la magie cette période, ce moment ou l'on est encore capable de croire que nos poupées et nounours discutent vraiment quand on les laisse seuls dans notre chambre, et que si par hasard on arrive a sauter 4 marches des escaliers d'un coup on aura une bonne note en dictée...

On passe alors des heures perdus dans nos pensées, concentrés dans une activité qui mérite tout notre intérêt bien qu'elle semble n'en avoir aucun aux yeux d'un "grand".
On parle à voix basse, on mime les voix de personnages, on gronde une poupée parce qu'elle n'a pas coupé ses ongles correctement, on mime des sons d'explosions dignes d'un manga en détruisant une tour en légo qu'on avait mis l'après midi à construire...
On aime tellement batir et débatir...On aime voir s'élever sous nos yeux l'incarnation de notre imagination, et on aime avoir ensuite le pouvoir de détruire cette incarnation, de la même façon que son idée nous était venue plus tôt...

Durant ces moments on est comme hermetiques au reste du monde...
On s'invente parfois des histoires allongé sur la moquette du salon, ou encore le soir dans sa chambre, à la lueur d'une veilleuse, les yeux fixés sur un plafond tamisé qui projette des ombres rassurantes...

Je croyais alors que les étoiles étaient vraiment comme dans mes cahiers de coloriage...Larges, jaunes, à 5 branches et je supposais que des gens les installaient dans le ciel, la nuit, par la fenêtre des derniers étages des grands immeubles...
Que c'était un vrai métier "accrocheur d'étoiles"...

De la même façon je me disais que les cailloux étaient des bouts de la terre qui s'étaient décollés et qu'il y avait également des gens qui les remettaient à leur place afin que la terre reste toujours bien ronde.

Durant cette courte période on vit dans une bulle, protégés du monde réel...Un monde réel qui n'a de toute façon pas encore d'existence à nos yeux puisque notre imaginaire farfelu, magique et irréaliste représente alors notre réalité à nous...On ne fait pas semblant de croire qu'un lapin peut parler dans un dessin animé, on pense simplement que c'est comme ça que ça marche, que c'est la vérité vraie...

15/20 ans après (je ne saurai pas dater précisement quand j'ai eu le droit moi aussi de vivre ces moments),quand parfois rien ne va autour de moi, quand le quotidien n'est pas à la hauteur de mes attentes, que les factures s'entassent, et que les perspectives d'avenir sont floues...J'aimerai avoir le pouvoir, le privilège même, de m'enfermer à nouveau dans cette petite bulle rien que pour 5 petites minutes...
D'oublier même si ce n'est qu'un court instant ce que c'est d'être lucide...Retrouver mes pensées claires et ordonnées d'alors, mes croyances un peu naives...
Retrouver simplement cette période ou dans mon état d'esprit, la pire chose qui puisse m'arriver c'etait d'etre privée de dessert ou du fameux Ca Cartoon du dimanche soir...

Redevenir ignorante du monde qui m'entoure tout simplement...Par fuite, par nostalgie, par envie...Peut être un mélange de tout ça...

Juste être un peu lâche, pour un temps, et n'avoir qu'une seule chose en tête : Ne pas faire tomber la petite voiture du haut de la rambarde des escaliers...

Parce qu'en bas,malheureusement, il n'y a pas d'océan...

oOo
(Y a vraiment pas plus banal et bateau que le texte et la musique de ce morceau, pourtant c'est le ptit truc qui me fait me lever avec la pêche et l'envie le matin en ce moment)

I'm Running Away

le 24/08/2008 à 21h52


oOo Music oOo


"Et je cours, je me raccroche à la vie, je me soule avec le bruit..."

Début de soirée. Aout 2008.

La lumière décroit doucement,un rayon de soleil timide mêlé de pluie fine filtre à travers les arbres, le ciel sombre et nuageux prend une teinte rose-orangée légerement nuancée de bleu clair...

Je suis assise sur mon balcon,pieds nus, la guitare sur les genoux, le vent fait plier les feuilles de l'érable en face de ma fenêtre et malgré le temps,malgré le vent, ça sent bon l'été... 

Pas une voiture ne passe dans la rue, le silence n'est troublé que par le bruit de la pluie et celui de mes doigts sur les cordes que j'effleure à peine...Ca ne ressemble pas à grand chose ce que je joue, mais je m'en moque, ça sonne doux à mes oreilles, harmonique...

Je murmure tout doucement un air inventé lui aussi...Les yeux fermés, comme seule au monde. Mon pouce glisse doucement de la première à la dernière corde...
Je joue sans penser à rien d'autre, j'oublie tout...Tout ce qui va, tout ce qui ne va pas...

Plus rien n'existe d'autre que cette musique un peu guimauve, un peu facile,mais qui m'envoute dans la saveur fraiche de ce début de soirée, cette harmonie qui me prend doucement l'esprit du bout des doigts pour l'envoyer ailleurs...Qui endort la réalité pendant quelques instants, anésthésie le monde réel pour m'en faire découvrir un autre qui n'existe que dans ces quelques notes et dans l'éphemere de cet instant...

Alors je m'y accroche, je suis un chemin invisible, ensoleillé, clair, vide et beau, je le suis autant que je peux, l'effleurant à peine,essayant de chasser les bruits alentours, la voiture qui vient de passer, le téléphone qui sonne chez quelqu'un d'autre...Je frôle l'éphemère, je m'égare un court instant, je perds la notion du temps...

Je ne joue même plus mais j'entends toujours la musique...

Je me suis endormie pendant une heure sur le balcon ce soir là...Quand je me suis réveillée il faisait déjà presque nuit...

S'endormir après avoir rêvé...Voilà à quoi devrait ressembler la vie...


oOo Music oOo

4 jours.

4 jours, coincés entre deux feux,coincés entre une semaine et une autre, entre vacances et travail,entre beau et mauvais temps...

4 jours entre une descente de train avec une ptite boule au ventre pour toi comme pour moi, et une remontée dans l'autre sens le coeur un peu lourd...Un passage sur un pont sans vraiment s'en rendre compte la première fois et un deuxième passage sur ce même pont en n'ayant pas envie de le retraverser...
4 jours un peu comme hors du temps avec presque aucune intrusion du monde extérieur si ce n'est cet extrait de JT projeté par une télé muette dans un vieux bar qui passait du jazz...

On en ferait un film, on ne pourrait pas tout à fait le dater, aucun détail ne marquait vraiment l'époque après tout...A la rigueur on en ferait une vieille histoire remplie d'incohérences (comme celles de "Nos 18 ans" avec ses sacs East-Pak et ses Twingo^^)

Une bulle bien fermée des 2 côtés, avec à l'intérieur les évênements qui s'enchainent et un temps comme distortionné...Des journées qui passent trop vite, les heures qui les composent aussi ("déja 4h du mat, comment c'est possible ?")

C'est marrant j'ai l'impression d'avoir vécu dans une parenthèse pendant ces quelques jours, et de mettre le nez dehors ce matin ça m'a laissé une sensation bizarre, comme si même au dela du ciel devenu gris, les choses n'avaient plus la même couleur.

Ces 4 jours ont été tellement remplis de tout, que c'est un peu emmêlé dans mon esprit, alors les moments ne reviennent pas forcément dans l'ordre...

Ca commence par cette musique de Ricky Lee Jones, "On saturday afternoons 1963", musique d'un certain film...5 amis à genoux sous la pluie,et ces quelques notes en fond...J'étais touchée, toi aussi je pense puisque la première chose qu'on s'est dite en sortant de la salle de ciné, c'est qu'il fallait qu'on le trouve ce morceau.
(Enfin non c'est la deuxieme chose qu'on s'est dite, la première c'était "Beurk c'est quoi cet insecte immense ?!!"^^)

Pas d'ordre précis..Alors ce qui me vient ensuite c'est le visionnage de "My Girl" en mangeant des fraises Tagada, j'avais beau avoir vu ce film environ 200 fois, cette fois là avait une saveur différente et particulière (celle des fraises ?^^), peut être parce que je nous voyais à la fois devant et à l'intérieur de l'écran...Peut etre aussi parce que j'avais envie qu'il te plaise comme il me plait

Toujours en vrac jrepense à cette soirée sur les berges du Rhône, assis tous les deux sur ce petit ponton à minuit, seuls au monde avec les lumières de la ville au loin, les mains posées sur le bois frais, et ton portable qui murmure les notes de "Je t'écris" uniquement pour nous...

Et puis...

Cette chaleur persistante en fil rouge, "Mourir demain" chanté en gueulant sur mon canapé, tes discussions passionnantes avec mon ventilateur...Mon coca explosé sur le carrelage de ce restaurant trop chic pour nous,nos ballades nocturnes et notre retour à 1h du mat en suivant les rails du tram pour ne pas se perdre...Les petits dejeuners avec ce fichu Nesquick qui ne fondait pas dans le lait froid, la vue magnifique du haut de la grande roue (une fois que j'ai arrêté d'avoir peur d'être dedans^^), notre excursion sur le "chemin de traverse" (qui ressemblait plus à un quartier de prostituées qu'à un endroit extrait de l'univers d'Harry Potter à vrai dire ^^), toutes ces petites manies qui nous sont similaires...Nos parties de poker online longues de 3h même si on a pas été fichus d'en gagner une seule, les gouters sur cette table en bois bancale à la Brioche Dorée, la poésie magique de Wall-E, la musique du manège de la tête d'or...Et puis la pluie et le ciel sombre après notre visite chez la voyante, la lecture de tes écrits de jeunesse...Et puis tant d'autres chose qu'on pourrait rajouter à cette liste déja longue...

Mais c'est impossible de parler de tout, et puis comme ça, ça nous laissera des petites bribes de souvenirs qui reviendront de temps en temps nous chatouiller l'esprit, et qui viendront nous rappeler avec le temps ces 4 petits jours ou tout se jouait juste entre nous, notre musique, nos films, et nos univers si similaires...

On n'aura pas vu tous les films qu'on voulait voir, on n'aura pas mangé ces choses qu'on avait achetées pour les gouter ensembles, on n'aura même pas savouré de pailles à la fraise comme prévu...On n'aura pas gagné de partie de poker, pas eu le temps de faire une partie complète de Docteur Maboul...Le temps aura manqué...Mais pour celui qu'on nous a accordé, je trouve qu'on l'a plutôt bien rempli...Et moi non plus hier je n'avais pas envie que tu le repasses ce pont qu'on avait vu la veille de loin en écoutant "Je t'écris".

J'ai mis ton petit cadeau sur ma table de chevet. Il y a dessus cette fameuse dernière phrase qui dit "L'amitié c'est un oiseau libre qui ne s'envole pas parce qu'il se sent bien".
Si j'avais été un oiseau, je serais bien restée au sol encore quelques temps en ta compagnie... :)

oOo Saturdays afternoon in 1963 oOo

 

Je viens de retomber sur "ce vieil article" et de réécouter au passage "cette chanson", qui forcément ne résonne jamais mieux en moi que lorsque je l'écoute avec sous les yeux ces quelques mots écrits un soir de Novembre il y a presque 2 ans...Le soir ou je l'ai découverte...

2 ans que ces quelques notes font partie de ma vie...Et je crois qu'il n'y a pas beaucoup de chansons au monde qui me font ce petit effet particulier...A vrai dire, de cette façon bien spéciale, il n'y en a aucune autre...

Alors juste une piqure de rappel pour ceux qui ne la connaissent pas encore, et une simple réecoute pour ceux qui la connaissaient déja :)

Hush - A Lifetime

Every single morning before I wake up lonely
I feel you here beside me but I know it’s only
a fading shadow, an illusion
every little thing reminds me of you
every shining colour has a shade of you in it
I was blind but now I see it

If I could only have a day
in the shelter of your arms
or just an hour, I would pay
any price to be where you are
and if it got down to a minute
that’d be precious time
‘cause a second’s all I need to tell you
losing you is gonna take a life time for me

Every other night I still dream about you
every song I hear has a sound of you in it
and I can’t believe that it’s over
there were many things that I should have told you
and there were many times when I could have done so
but I know baby that it’s too late

If I could only rearrange the hands of time
I’d make it up to you, I’d make you change your mind

 

 

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