Crepuscule-Road

Destiny

le 20/07/2008 à 14h32


oOo Music oOo

"Si l'homme est maître de son destin, il ne l'est cependant pas des chemins qui l'y mènent"

Hier soir, alors que je revenais d'une soirée très sympa, un feu d'artifice au loin, a éclairé le ciel de notre route...

Je n'en n'avais jamais vu un de cette façon, c'était vraiment beau et irréel...Des explosions lumineuses et colorées pour accompagner cette virée en musique, fenêtres ouvertes, avec le vent frais d'une fin de soirée d'été qui pénètrait à l'intérieur de l'habitacle...

Le feu nous a suivi à peine quelques minutes, avant de disparaitre complètement derrière nous...
Le ciel est grand, mais visiblement il n'est pas complètement le même partout...

Pourtant, c'est marrant, il y a une chose qui ne nous a pas quitté du voyage, c'est cette étoile fixée au ciel sur ma gauche, a quelques encablures de voute celeste de la lune...
Elle n'a pas changé de place, tout du long, comme si elle était fixée a quelque chose d'invisible et que c'était simplement le ciel qui tournait autour d'elle..

Je me suis dit amusée, que ça devait être ma bonne étoile...

"Bonne étoile", cette idée correspond parfaitement à une vision de la vie que j'affectionne.

 
J'ai cette conviction depuis toujours, peut être un peu idéaliste et naive que quelque chose au dessus de moi me protège et me guide vers certaines choses plutôt que d'autres...

De nombreuses personnes autour de moi, très carthésiènnes, pensent qu'on est maîtres de nos vies, que le destin est une pure invention humaine et que notre avenir est uniquement entre nos mains...Qu'on en fait absolument ce qu'on veut.

Ces personnes pensent que croire au destin c'est comme vivre en portant un sac en papier sur la tête avec juste 2 trous pour les yeux, c'est limiter sa vision du monde en attendant que les choses "écrites" se produisent... 

Je n'ai jamais réussi à être d'accord avec cette idée. Trop de choses m'ont toujours démontré le contraire...Croire au destin ce n'est pas se fermer au monde, ce n'est pas éliminer son propre rôle dans les choses qui nous arrivent, c'est simplement composer avec elles... 

Et ce début d'année ne cesse de me conforter dans ce choix...Me prouve que parfois certaines choses doivent arriver, et que si on essaie à tout prix de les empêcher, le destin nous remet sur la bonne voie, timidement, et discrètement, mais il le fait...

Quand j'ai décidé de partir aux Etats-Unis il y a un peu plus d'un an maintenant, dès le début absolument tout les éléments se sont ligués contre ce projet, rien ne marchait que ce soit une simple photocopieuse pour imprimer un dossier, un photomaton qui me sort des photos complètement floues, ou un bus en grêve le jour d'un entretien...
Pourtant j'ai insisté, j'ai ignoré tous les petits signes qui me criaient de ne pas partir, j'ai trouvé une autre photocopieuse, j'ai refait des photos ailleurs, j'ai pris le métro (^^) je suis passée au dessus de toutes les annulations, les doutes, les ratages d'avion, les soucis de santé...J'ai insisité, insisté de toutes mes forces, jusqu'à réussir...

Je suis partie,je l'ai fait, et j'étais fière de moi...

Pourtant, alors que j'avais enfin réussi, alors que j'avais enfin passé ce que je pensais être le "test" qui devait servir à mesurer ma motivation, ces simples petits signes cumulés ont cédé la place à d'autres, ceux qui se font plus rares, ceux qui ne se montrent que lorsqu'on prend une voie qui va inévitablement empêcher d'autres choses d'arriver, quand on prend une voie qui n'est vraiment pas la bonne, ceux qu'on ne peut même plus appeler des signes mais des "ordres" : on m'a forcé à rentrer...

Je n'étais plus face à mes propres choix, j'étais confrontée à des choses sur lesquelles je n'avais même pas mon mot à dire, le pouvoir avait changé de camp...

Je ne devais pas rester là bas, j'en ai la conviction aujourd'hui, même si à l'époque ça m'a fait mal. Et je suis certaine qu'après tout ce que j'avais réussi à contourner, mon destin a été forcé de prendre des chemins plus radicaux pour m'obliger à suivre la bonne voie.

Ce n'est pas un hasard si je me trouve aujourd'hui la ou je suis...Certaines choses arrivent, des petits hasards, des coincidences, qui me donnent l'impression que je ne suis pas rentrée pour rien...

J'me souviens à l'époque ou rien ne marchait, j'ai pensé un peu bêtement que c'était pas possible, que mon avion allait s'écraser, ou bien que New York allait vivre des drames cette année et qu'il fallait que j'échappe à ça...

Et puis avec le temps, je me dis que peut être rien de tout ça n'est prévu,que rien de si grave n'attends cette ville, que peut être le vrai problème ce n'est pas que je ne devais pas être là bas, mais simplement que je devais "être ici".

Ce qui est drôle c'est que j'étais partie loin pour fuir mon avenir, j'avais sauté à pieds joints dans la facilité d'échapper à ces interrogations qui me bouffaient la vie, j'avais décidé d'arrêter de chercher ce qui ferait mon futur, c'était tellement plus facile de tout mettre sur pause pendant un an et de se dire "On verra après".

Et au final ce que je fuyais m'a rattrapé...

Je crois au destin. Du plus profond de mon âme, tout comme je crois au sens caché derrière les petites choses du quotidien, tout comme je crois aux signes, à ces livres qu'on ne lit pas sans raison, à ces chansons qui ne passent pas par hasard à la radio, à ces personnes qu'on ne rencontre pas par hasard...

Et c'est peut être trop dur à concevoir pour un carthésien, mais c'est ce qui me fait avancer tous les jours, ça ne fait de mal à personne, ça me fait juste du bien à moi...
C'est ça au final ma religion...A défaut de croire en un dieu dont les principes ne me convaincront jamais, je crois en une immatérialité que je ne controlerais probablement jamais non plus mais qui m'aide à me sentir vivante...Je m'autorise à vivre dans un univers indécis ou tout est encore succeptible d'arriver et dont l'espoir est le moteur...

Jean de la Fontaine (qui n'écrivait pas que sur des animaux^^) a écrit un jour cette phrase qui m'avait marqué :

"On rencontre bien souvent sa destinée par les chemins qu'on avait pris pour l'éviter"

C'est tellement vrai.

Et j'ai cette étrange impression que je suis sur le point de rencontrer la mienne...

Somewhere...

le 17/07/2008 à 23h20


oOo Click Here For Some Music oOo

Ce soir la, une sorte de voile glacial épousait les lumières de la ville à la perfection...J'avais les yeux qui pleuraient tout seuls et des mains bleuies par le froid, bien calées au fond de mes poches.

Je me rappelle encore précisément du moment ou cette photo a été prise...
Ce qui me frappe encore aujourd'hui c'est la netteté de cette image...

Si on s'attache à bien regarder, on distingue même ces endroits un peu effacés de la rambarde en métal, là ou tant de mains avaient du se poser avant les notres pour admirer la magie...

Quand je me replonge dans cette pénombre colorée, j'ai l'impression d'être à nouveau sur ce ponton de bois, face à une baie new yorkaise pleine de promesses, le vent glacé, la nuque coincée même sans le moindre torticolis, admirative et ébahie à la fois...

Heureuse et glacée...Je crois que c'est simplement comme ça qu'on pouvait résumer mon état ce soir de 19 février 2008...

Des images remontent doucement...La patinoire animée du Rockfeller Center, le doux «What a wonderful world» en fond sonore pour accompagner ces quelques silhouettes filant sur la glace, les calèches devant Central Park, les taxis jaunes ponctuant les routes de petits points de lumière, les publicités larges et claires innondant Time Square...

Souvent un endroit est décrit d'une façon complètement étonnante et belle dans les films et déçoit dans la réalité. Les rares fois ou j'ai visité Paris, j'ai été déçue par cette ville...Le gris, le béton, la pollution, les gens tristes, les visages fermés et le manque d'ouverture...
L'absence de réelle beauté qui marque et donne envie de revenir...

New York c'était tout l'inverse...Une ville qui tient ses promesses, une ville si belle que les images, les films et les chansons ne l'embellissent même pas, ne la subliment pas...Ils se contentent de refléter cette réalité qui frappe au visage dès l'instant ou vos pieds se posent sur ce sol.

Un sol qui en lui même est déjà particulier...Gris clair,fissuré mais solide, un sol qui a tellement vécu mais qui pourtant tient toujours...Et simplement du fait de le fouler à votre tour, vous vous sentez solidement fixé au monde..Vous vous sentez vivants...

Il paraît que beaucoup de ceux qui ont connu cette ville furtivement en sont tombés amoureux et n'ont jamais pu l'oublier...Parfois un peu bêtement je me surprend à repenser à New York comme on repense à quelqu'un qui nous manque...
L'atmosphère toute entière de cet endroit me revient alors, et même si je n'ai été qu'une furtive habitante de ce monde, je ressens ce vide idiot impossible à combler...Comme dit si bien la chanson "New York is a woman she'll make you cry, and to her you're just another guy" (à simplement transposer au masculin^^)

Alors défaut de retourner là bas matériellement, j'y reviens en pensée...

Je me souviens m'être dit, quand je marchais dans ces rues, quand je pénetrais dans ces boutiques ou ces restaurants à la mode, quand j'écoutais ces gens parler dans toutes les langues du monde,que New York n'appartenait à personne et pourtant vous donnait l'impression de n'être la que pour vous...

La bas, on ne sent pas en territoire américain, on ne se sent pas intrus chez quelqu'un d'autre, on se sent simplement partie intégrante d'un endroit qui pourrait être à soi, la cabane secrète qu'on se construit au fond du jardin, ce monde qu'on s'invente quand on a 10 ans et qui n'existe alors que dans nos rêves...

Et juste, on se sent simple membre modeste de cet univers qui file à 2000 à l'heure, on est happés par cette énergie ambiante, noyés sous ces lumières qui défilent, on a le vertige, on a le ventre noué, on est heureux et paumé à la fois...On lève la tête vers un ciel a qui la pénombre est presque interdite, et on se sent tout petit, minuscule...C'est juste magique et indescriptible...


Le moment ou cette photo a été prise donc...

Il ne devait pas être plus de 21h30 mais la nuit et le froid avaient déjà recouvert la Big Apple depuis 3 bonnes heures, il faisait 1 ou 2 degrés à l'extérieur,pas plus, et le mini van qui nous menait à travers les enchevêtrements d'avenues venait de dépasser le pont de Brooklyn.

Le guide, a la carrure imposante, la quarantaine, cheveux grisonnants, ce petit air de Samuel L Jackson, la voix chaude et réconfortante continuait de nous déclamer la beauté de cet endroit dont il se sentait lui aussi membre à part entière...Nous décrivait ses petites habitudes, son marchand de Hot Dog préféré à l'angle de la 36ème avenue, la grande parade de noël annuelle sur la 34eme, avec le «vrai père noel» comme dans le film «Miracle sur la 34eme rue»...
Les yeux collés au carreau, je buvais ses paroles...

On avait déjà pris du retard sur les visites, et Ground Zero, témoin vide du drame du 11 septembre nous attendait. Le building duquel nous devions «admirer la vue» fermant dès 22h il ne fallait pas trainer...

Samuel (^^) nous a indiqué alors qu'on roulait doucement le long de la rivière que la Statue de la Liberté était «un tout petit peu» visible de là ou nous étions, mais qu'on n'avait malheureusement pas le temps de s'arrêter pour la voir.

Une sorte de murmure de protestation s'est alors élevé dans tout le mini van qui nous menait à travers la ville. Il a baissé son micro et nous a regardé avec un petit sourire l'air de dire « On ne va quand même pas prendre du retard sur le retard ! ».
Nos visages suppliants lui indiquaient que si, alors il a cédé en lançant dans le micro un «Okaay, okaay» vraiment très américain pour le coup.
Il nous a indiqué qu'on avait une minute et pas une de plus pour descendre, regarder, prendre des photos et remonter...

Tout le monde est descendu en courant dans une joyeuse mêlée et on s'est précipités vers cette rambarde.
Mes mains se sont posées pas très loin de l'endroit ou cette photo a été prise. Sur notre droite , au loin, un minuscule point lumineux à peine visible...C'était la flamme de la Statue de la liberté...Minuscule, comme moi un peu plus tôt sous ce ciel New Yorkais...

Le froid n'existe plus dans un moment comme ça, on ne sent plus le vent qui redouble d'intensité, on ne sent pas la douleur qui engourdit les mains collées au métal gelé...Non...On se laisse simplement remplir par la grandeur de cette étendue immense et lumineuse, on se laisse avaler tout cru par New York, par les sirènes qui grondent au loin comme dans un intermede de série policière, et on oublie tout...

La seule chose dont je me suis rappellée à cet instant précis c'est ce gros classeur marron rempli de timbres que mon père m'avait donné l'été de mes 8 ans alors que je passais des vacances dans le sud et que je m'étais plains de m'ennuyer. Je me suis remémoré la courte décision de collectionner les timbres qui avait suivi et j'ai revu ce timbre un peu écorné représentant la Statue de la liberté que j'avais longtemps laissé collé sur la dernière page...A l'époque je pensais que c'était un personnage de dessin animé et je cherchais d'ou ça pouvait venir...
Entre temps j'ai bien sur appris que c'était une réalité et non un personnage, j'ai commencé a aimer cette réalité qui paradoxalement avec le temps est devenu un rêve...


Et presque 15 ans après, pour la première fois, j'avais cette réalité sous les yeux...Bon en «tout petit bien sur» (cf Titanic ^^), mais quand même...

Ce soir là j'ai réalisé un rêve d'enfant, et la douleur dans mes mains frigorifiées contre la rambarde c'était bien peu face à ça. J'étais heureuse.

Heureuse et gelée.

Lost in the crowd

le 29/06/2008 à 02h37


oOo Music oOo

J' ai parfois cette sensation désagréable que le monde autour de moi défile à 300km/heure pendant que je fais du surplace...
Un peu comme une sorte de film qu'on aurait lancé sans prévenir en avance rapide et dont je serais le seul élément bloqué sur pause...

J'ai les pieds scotchés au sol,je suis là, coincée au beau milieu d'une gare, d'une ville, d'un lieu grouillant de monde...J'avance au ralenti et à contre-sens...

Et je me sens oppressée, comprimée par le mouvement des autres...

Alors j'ai du mal à respirer, j'essaie d'avancer, mais tout autour de moi enferme mes envies dans une marche inverse à la mienne...Comme si j'essayais de sortir de l'eau alors qu'on m'appuie sur la tête.

Le temps passe de plus en plus vite, et se fait de plus en plus inssaisissable...
A mesure que les années passent,les espaces entre les vacances, les fêtes et les anniversaires se réduisent inéluctablement...Les gens partent, changent, donnent moins de nouvelles, vivent leur vie,se perdent, s'oublient...
Et au milieu de ce cycle sur lequel personne n'a de pouvoir je me perds...

Je me sens trop à l'étroit dans un monde qui grandit ,évolue, se marie, signe son premier contrat de travail et se rend à la première échographie du futur membre de la famille... 
Ce  monde qui voyage, qui bouge, tourne et vire pendant que je cherche, pendant que je tatonne dans le noir. Pendant que je ne suis simplement même pas sure de vouloir de mariage, de vouloir des enfants...
Pendant que je me demande si je suis juste "normale" ?

J'ai l'impression d'être un gamin qu'on a laissé à côté du manège pendant que les autres s'amusent, l'impression de faire du surplace au beau milieu d'un tapis roulant enclenché sur vitesse maximum.

Je passe ma vie à essayer d'y trouver un sens...
Et c'est peut être con, c'est peut être lié, mais je n'ai jamais réussi à faire fonctionner une boussole.

Je voudrais attraper quelqu'un au vol et moi aussi me laisser avaler par la foule, suivre ce mouvement...
Poussée par l'élan collectif...

Mais j'ai le vertige d'un monde qui avance trop vite pour moi...

Alors parfois le soir, quand je suis seule dans mon petit chez moi et que j'entends ce murmure au loin, ces échos d'une fin de soirée chez quelqu'un d'autre...Quand j'entends ces rires et cette musique qui ne me sont pas destinés, je regarde le ciel noir et étoilé qui lui aussi n'évolue pas beaucoup d'un jour à l'autre, et je me perds dans l'immensité des choses, dans tout ce qui m'échappe et m'échappera surement toujours, et je me donne l'impression de vivre ailleurs...Dans un autre monde... 

Il fait bien trop chaud, j'ai lancé le ventilateur à fond et je bois une boisson glacée...
Je pose le verre contre mes tempes brulantes, je ferme les yeux...Et en quelques instants la sensation disparait...

Je me retrouve à nouveau dans le rythme. Comme les autres.
Sur lecture et dans le sens de la marche...

Et pendant quelques instants encore, le temps que l'impression disparaisse complètement, je me demande si par hasard tout ça, je ne l'ai pas rêvé...

Insomnie

le 10/06/2008 à 02h02


oOo Music oOo

Il fait trop chaud, les couvertures se collent entre elles, se collent à moi et mes mains sont moites contre l'oreiller...
Je me tourne et me retourne dans tous les sens sans parvenir à trouver le sommeil...
J'attrape mon portable sur la petite table de chevet à côté du lit, j'appuie sur étoile et OK pour le dévérouiller et voir l'heure...

3h14...

Je soupire, je joue quelques instants à projeter des jeux de lumière sur le mur blanc contre lequel est collé le lit...

Puis je repose mon téléphone boule à facettes, je me rallonge, les mains derrière la tête et j'observe le plafond...Ca n'est pas très agréable comme position et au bout d'un moment...J'ai des crampes aux poignets...
Alors je me tourne, je me retourne à nouveau...Et je me lasse...

Résignée, je me lève, dans le noir, guidée simplement par les strilles des volets qui projettent une ombre rassurante sur le sol de la chambre...Je ne marche que dans les ptits bouts clairs le temps de me diriger vers le frigo dans le coin cuisine.

Je pose ma main contre la fraîcheur de la petite boite blanche, je l'ouvre et je dois fermer les yeux pour ne pas me laisser aveugler par la petite lampe jaune aveuglante placée pile face à mes yeux.

Je me penche machinalement et j'attrape la bouteille de jus d'orange sur le côté de la porte.
Je laisse la porte ouverte, la retenant d'un pied, et, à deux mains, j'ouvre la bouteille.
J'adore le plop d'ouverture de la capsule d'une bouteille en verre...parfois je la referme juste pour réentendre le bruit une seconde fois...

Je bois une ou deux gorgées froides qui me coulent directement dans le fond de la gorge...J'adore cette sensation au creux d'une nuit chaude...Cette amertume sucrée qui vient se nicher dans la moiteur de mes insomnies...
Deja je ressens l'effet jus d'orange...Je n'ai plus si chaud, je me sens mieux...
Mais le sommeil ne viendra pas de si tôt..

Alors je garde la bouteille contre moi, j'attrape un verre dans le placard et je me dirige, (toujours en évoluant a travers les ombres claires des volets), jusqu'au bureau.

Je pose la bouteille, le verre, et dans un même geste je presse le bouton démarrer de l'ordinateur.

Le temps que ça démarre vraiment je m'occupe de réouvrir les volets et je laisse la fenêtre grande ouverte pour laisser entrer (le soleil (8)^^) un peu de fraicheur...

Petite mélodie significative et enervante du démarrage de Windows...
Je m'asseois confortablement, je pose mes mains sur le pointeur de la série, et je me dirige toujours en tout premier vers le lecteur de musique...Je lance une playlist de mélodies de circonstances... Un peu dans le style de celle de cet article...

Je regarde par la fenêtre qui me fait face, la pénombre et le vide dehors...
Une ou deux lumières encore allumées quelque part là bas dans d'autres «chez eux»...
Chez des inconnus qui ne dorment pas non plus...


Les insomnies sont un souci qui ronge la vie de miliers de personnes...Pourtant j'aime les miennes, elles sont précieuses...

Parce que la nuit le temps est comme suspendu...
Parce que durant quelques heures une partie du monde ne s'offre qu'à ceux qui savent la mériter...
Une partie peut être emplie de solitude et d'idées noires pour certains...Mais pour moi c'est tout l'inverse... 

J'aime ce silence empli de petits bruits familiers...Ce petit souffle particulier...Il faut l'avoir perçu souvent pour comprendre immédiatement de quoi je parle là...Ce n'est ni le bruit lointain d'une voiture, ni le vent dans les arbres...Non juste un souffle régulier,ni froid ni chaud, un bruit continu que l'on n'entend que la nuit...
Que l'on n'entend que la nuit en été...

Tentez l'experience un beau jour (ou peut être une nuit (8)^^)
Essayez de discerner ce petit souffle particulier qui ressort du silence nocturne...

Et puis j'aime aussi simplement cette sensation que plus rien n'a la même saveur quand on fait partie du côté non éclairé de la planète...Les rues vides, les lumières baissées et vacillantes des lampadaires, le silence, toujours ce silence, habité et profond...La journée on partage notre monde avec des milliers d'individus...La nuit une portion plus grande nous est attribuée, à nous seuls...
On évolue éveillé au milieu des rêves des autres...On est comme à la limite de cette possibilité irréelle de rêver éveillé...

Parfois, au bout d'une courte demi-heure le sommeil revient, je baille à m'en décrocher la machoire et je retourne me coucher...sereine...

Et puis parfois ça ne vient pas...Alors les heures s'égrennent, les minutes filent, et sans même que j'en prenne conscience, le noir devient bleu foncé, le bleu foncé bleu marine, le bleu marine bleu clair...Et les brumes matinales émergent de nuages mi roses mi orangés qui recouvrent peu à peu la voute celeste...
Quelques gouttes viennent se déposer sur les rebords en pvc de mes volets et des carreaux à l'extérieur...
En semaine, le souffle de la nuit est peu à peu remplacé par celui des premières voitures, par le bruit des pieds qui grattent le sol de ceux qui vont en cours...

Le dimanche, rien ne vient remplacer ce silence...Et parfois je me livre à ce petit rituel particulier d'un autre temps...J'attrape une grosse couverture dans laquelle je m'emmitoufle, je me pose debout devant la fenetre, et je lance «Wonderwall» d'Oasis et je contemple le ciel bleu clair en pensant, nostalgique, a une époque pas si lointaine ou cette chanson avait vraiment du sens...
Les dernières notes vont mourir dans un fondu inhérent à la musique...Et je coupe mon lecteur...

C'est le moment que je prefere pour retourner me coucher...
Je rebaisse mes volets, en laissant la strille qui dévoilera bientôt les premiers rayons de soleil de la journée...Je coupe l'ordinateur, je range le jus d'orange...
Et je me glisse dans des couvertures devenues fraiches...
Je me recouche et je m'endors presque immédiatement d'un sommeil sans rêves...

Les rêves ils sont juste derrière moi, et le plus beau c'est que je ne dormais même pas à ce moment là...

Even Stars Grow Up

le 03/06/2008 à 14h30


oOo Music oOo

Des fois je n'écris pas ici pendant...2/3 semaines, voire même plus...
Et ça ne me manque pas spécialement je dois dire, je vis ma petite vie, sans chercher à poser de mots dessus, parce que ça fait du bien aussi d'avancer au jour le jour, sans questions, sans réflexions qui tuent le quotidien...

Et puis paf d'un coup ça me prend,(enfin ça me re-prend disons), ça monte à l'intérieur comme quelque chose qui ne demande qu'à sortir et que je ne peux pas laisser coincé la dedans sous peine que ça déborde...
Une belle musique au coin d'une discussion msn ou à la fin d'un épisode de série qui m'a fait réfléchir et l'envie irrépréssible d'écrire s'incruste dans mon esprit sans prévenir comme un chewing gum sous une chaussure (celui ou même encore une semaine après quand tu marches ton pied reste un peu collé au trottoir).

Alors je me colle devant mon ordi, un verre de lait avec une paille à la fraise posé à ma gauche, mon casque de walk-man bien calé dans les oreilles, mes doigts qui courrent sur le clavier...Si possible une belle vue sur un ciel nocturne et mon reflet dans le carreau pour me poser des questions à moi même quand je sèche sur les mots à laisser sortir.

Je tapote machinalement sur le rebord de mon bureau, je lève les yeux au plafond, je tourne dans ma chaise tournante...Et le comble c'est que malgré l'envie d'ecrire qui me brulait les doigts, le sujet ne vient pas, alors avec un vide dans la tête et dans le ventre j'erre de blog en blog à la recherche de la petite phrase, de l'article qui déclenchera le mécanisme...

Avoir une envie dingue d'écrire sans ne rien trouver à dire c'est comme appercevoir un billet de 100 euros coincé sous la roue arrière d'une voiture...Y a beau tirer dessus il ne sort pas...Alors c'est frustrant.

Les mots des autres ont toujours été ce qui marche le plus pour débloquer les miens. Peut être parce qu'au fond, on se ressemble tous... Qu'on soit fans de Lorie ou de Tarantino, mélomanes ou allergiques à la musique, lecteurs de Proust ou de Boule et Bill. Dans le fond on est tous les mêmes quelque part...

Et ça je crois que je ne le savais pas avant la création de mon tout premier blog.

Evan-online est né par un samedi après-midi pluvieux de Janvier 2006, alors que j'écoutais Video Killed The Radio Star en boucle et que je suis tombée sur le blog d'une jeune fille qui écrivait des mots qui m'ont touchés comme peu de mots avaient réussi à le faire jusque-la.

Sans qu'elle le sache ces mêmes mots ont par la suite façonné peu à peu mon écriture et ma façon de voir le monde.

Qui n'a pas eu envie un jour de créer un blog ou de complètement remanier le sien simplement après avoir découvert celui de quelqu'un qui l'a bouleversé ou a changé son appréhension des choses ?

Au tout début (la genèse lol),j'écrivais pour moi, pour mon plaisir personnel, sans calcul, sans chercher à produire un chef d'oeuvre de la littérature du 21eme siècle.
Je compare un peu ça à la période d'innocence quand on est enfant et qu'on croit encore au père-noel , à la petite souris et à la possibilité de bosser comme lutin au Pole Nord plus tard. Rien ne guidait mes mots à part moi, j'écrivais sans réfléchir, avec une liberté d'esprit absolue. C'est une période que je regrette (comme celle ou je croyais encore au pére-noel ^^)
Les rares commentaires postés sur mon petit espace étaient ceux de mes amis, je crois même n'avoir jamais eu de commentaire extérieur à eux jusqu'à ce fameux jour de juin 2006.

Je me souviens encore parfaitement de ce mercredi après midi là...J'écoutais "Serre-moi" de Tryo, qui depuis reste associée à vie à cet évênement bien précis.
Je me connecte sur ce petit espace perso que j'ai passé mes nuits à remplir, et la je me rends compte que j'ai 2000 commentaires à valider de la part de stricts inconnus.
Petit détour par la page d'accueil de l'hébergeur du blog en question pour me rendre compte que j'y figure en place d'honneur.

Cette semaine d'invasion de mon espace par d'autres a été assez désagréable à vivre même si tant de blogueurs en rêvent. Des jugements que je ne cherchais pas, aux critiques noyées parmi les centaines de compliments, et puis cette sensation de me perdre de ne plus savoir qui j'étais et quels mots étaient vraiment sensés sortir de mon esprit.
Plus jamais je n'ai écrit comme j'écrivais avant d'être lue. Ca a cassé quelque chose que j'ai jamais réussi à réparer.

Mais malgré tout, avec le recul et le temps qui passe, ça a aussi réveillé beaucoup de choses...En 2 ans j'ai changé dans ma façon de voir le monde, j'ai façonné mon écriture différement, inconsciemment, par rapport à ce que je lisais dans les espaces commentaires successifs de mes blogs, ça m'a ouvert les yeux sur des tas de choses,ça a fait de moi quelqu'un que j'appréciais mieux qu'avant.

Et puis surtout, ça m'a permis de me rendre compte qu'en effet, qu'on écrive en language sms ou en language " à la noble du 16eme siècle", qu'on ait un blog composé de photos de son chien ou un blog empli de poésie, qu'on aime le rap ou Mozart,qu'on soit "peace and love" ou un peu gothique je ne cessais de lire des "Putain je me reconnais trop dans ce que tu écris".

Ainsi des gens qui ne m'auraient jamais adressé la parole dans ce monde en 3D dans lequel on vit (et s'ignore) se reconaissaient dans ma petite vie personelle, mes expériences de gosse toutes banales, ces articles à la sauce BN, baskets à scratch, colos et interrogations sur l'avenir.
Jusque là je n'avais pas pris conscience de la beauté des souvenirs...Je racontais les miens parce qu'ils remontaient comme ça, et j'ai vraiment commencé à les savourer quand je me suis rendu compte du pouvoir d'évocation qu'ils avaient sur les gens. Quand j'ai compris que même le plus dur des hommes peut pleurer à l'évocation d'un de ces moments d'avant qui font remonter tellement de choses.

Cette expérience m'a fait comprendre qu'en fin de compte, malgré les ados et les adultes si différents les uns des autres qu'on peut devenir, on reste tous au fond ces gamins de 10 ans penchés sur le rebord du canapé devant le Club Dorothée (selon les générations) avec les genoux rouges de mercurochrome (le pansement des héros^^) qui essaient de temps en temps de regarder des films d'horreur pas de leur âge pour se foutre la trouille et qui achetent des cigarettes en chocolat ou des fils à la pomme ou au coca à la boulangerie avant d'aller à l'école.

Aujourd'hui, du haut de mes 22 ans, quand je sors me ballader, faire des courses, quand je vais en cours, au travail, au cinéma, quand je prends le bus, je vois autour de moi des gens au visage fermé, sans malice, qui ont l'air non pas triste mais plutôt blasé. Les sourires se font rares, les gens qui ont l'air heureux aussi, et je crois que d'écrire ici ce que je ressens sur les choses et de lire les remarques postées après chaque article ça me fout une grande claque de bonne humeur en pleine tête et je me rends compte que derrière ces visages figés, ces personnes plongées dans leurs pensées,il y a surement des tas de "Putain je me reconnais trop dans ce que t'écris", des gens qui ont peut être simplement oublié qu'eux aussi ils cherchaient leur nom dans le générique final du Club Dorothée même si ils avaient compris qu'il fallait avoir la carte de membre pour être dedans.

Quand j'étais plus "jeune" et que jvoyais ces adultes tout sérieux je me répétais tout le temps cette phrase un peu bateau : "Quand je serais grande (<-- qui est surement la phrase qu'on répete le plus entre 5 et 12 ans^^) je serais pas comme eux, les adultes sont cons."

Et puis un jour je suis revenue à la réalité en entendant un des personnages de La guerre des boutons (^^)dire à son copain : " Oui mais réfléchis, nos parents à nous, ils ont surement dit la même chose que nous quand ils avaient notre âge, et regarde ce qu'ils sont devenus."

Ca donne une sorte de côté inéluctable au fait de devenir "un vieux con". Et parfois, quand je dis à ma petite soeur de se taire parce qu'on parle à table et qu'on s'entend pas à cause d'elle, dans ses yeux je me revois moi au même âge, qui bouillait de frustration devant ces adultes qui me laissaient pas m'exprimer, et jme dis que dans sa tête bientôt je serais aussi de ces "grands cons" bourrés de principe. Que je serais peut être de ces muets qui tirent la tronche dans le bus et de ces parents qui font dire à leurs enfants "Quand je serais grand je serais pas comme eux"

Tout ça pour dire quoi...^^
Tout ça pour dire qu'écrire ici, même quand je poste peu, même quand les mots ne viennent pas, c'est un peu une façon pour moi, de m'empêcher de devenir comme ça, de garder espoir en ces enfants qu'on reste tous au fond de nous, tant pis si c'est gnan-gnan, idéaliste et digne d'un happy end de Walt Disney.

Parce qu'en même temps, faut l'avouer qui ne se regarde pas encore de temps en temps Le Roi Lion avec un certain plaisir ?

Et tant que je continuerais a avoir une boule dans la gorge en regardant la scène de la mort de Mufasa, jpense qu'y a un espoir pour qu'un jour mes enfants se disent "Quand je serais grand, je serais cool comme maman !" ^^

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