Crepuscule-Road

A venir...

le 28/05/2008 à 00h46


oOo Music oOo

L'approche du mois de juin a toujours eu un effet particulier dans l'atmosphère ambiante ...
On vient de sortir de la grisaille hivernale et des premières promesses printanières, et émergent peu à peu ces sensations remplies d'odeurs, cette impression de se sentir à nouveau vivants...
Il en faut peu pour que le processus s'enclenche...Une sorte de mélange bleu clair et ensoleillé au gout de terre battue un peu friable échappée de Roland Garros, une saveur un peu sucrée des premières fraises vraiment juteuses de l'année...Le tout mêlé à une sorte de nostalgie et une sorte d'interrogation ambiante qui bercent les rêves de milliers d'inquiets...

Si une année telle qu'on la connait dans les calendriers prend son début aux bonnes résolutions du 1er de l'an et se termine à coup de coupes de champagne le soir du 31 décembre, l'année qui nous concerne vraiment jusqu'à un certain âge est celle qui voit sa fin aux alentours de mai/juin...Période un peu trouble ou chacun remet en question ce qu'il est vraiment, ce qu'il veut devenir, observe autour de lui pour distinguer qui partage encore son monde, et qui le partagera toujours aux premiers jours de septembre...

C'est une période remplie d'interrogations qui font mal à la tête à force de n'apporter aucunes réponses...Une période de choix qui ne semblent pas forcément être les bons...Même quand c'est quelque chose qu'on a toujours su vouloir faire...

Chaque mois de juin voit ses élèves perdus et nostalgique à l'idée de laisser le lycée derrière eux, voit ses élèves de fac qui sortent d'une année catastrophique et se demandent de quoi demain sera fait, voit ses jeunes diplomés pleins d'envies mais pas certains de réussir à les concrétiser...

Cette année je me sens spectatrice de cette atmosphère pour une fois...Ni vraiment entrée dans le monde des adultes qui vivent de janvier à décembre...Ni vraiment encore dans ce cycle de l'enfance/adolescence ou l'année prend fin ici et maintenant...Quand on ne vit plus qu'avec la boule au ventre de quitter certaines personnes, ou avec cette même boule remplie d'appréhension à l'idée de ce qui arrive droit devant...

Je vais vivre une année sans réels enjeux et paradoxalement elle me semble plus ouverte en perspectives que l'ont été toutes ces autres années programmées, formatées depuis toujours.

J'ai déja une petite idée de quoi sera faite l'année qui suivra celle ci, mais en attendant je vais me prendre un petit luxe dans ce cycle installé de vie normale...Une sorte d'année sabbatique (dans sa version ou je travaille un peu pour payer mon logis quand même ^^), une rupture dans ma course après l'avenir certain (le fameux et si peu connu ennemi de l'avenir incertain). Je vais me donner le temps de devenir ce que je veux vraiment être.

Je pense à tous ces mois de juin ou on a essayé de me faire croire qu'ils marquaient un pallier important et que rater ne serait-ce qu'une marche de l'escalier me serait fatal pour l'avenir...
Je regarde en arrière, je peux encore ressentir les restes de toutes ces boules au ventre, de ces moments ou je me rongeais d'inquiétude à l'idée de ne pas aller assez vite, de ne pas trouver ma voie à temps, et je prends conscience que c'était une belle erreur d'y croire.
Rien n'est décidé, rien ne bloque un avenir, jamais.
Aucun mois de juin, aucun examen, aucune erreur d'orientation n'ont le pouvoir de fermer des portes.Et si c'est le cas il reste toujours les fenêtres.Et si les fenêtres sont fermées aussi il faut continuer à avancer jusqu'à la prochaine maison.

Cette année je regarde autour de moi, et je vois ces bacheliers, étudiants, employés qui se trouvent à un carrefour de leur vie. Ces gens qui hésitent, sont inquiets, anxieux ou au contraire remplis d'attentes, ces gens qui ont un peu peur de ce qui va venir. Et j'ai envie de leur dire qu'on leur ment au sujet de ces fameuses histoires d'avenir, ces palliers, qu'on peut les sauter deux par deux, en passer quelques uns, revenir en arrière et recommencer, et surtout qu'on peut monter à son rythme...

Pour ma part je mets ma petite marche à moi sur le bouton pause, et je vais partir voir un peu sur les côtés, histoire d'apprécier enfin le paysage et de profiter de toutes ces choses qu'on rate quand en fin de compte on ne pense qu'à se construire un futur digne de ce nom,quand au final on perd beaucoup de l'intérêt sa vie à ne vouloir que la gagner.

"Chaque projet n'est qu'un brouillon de notre avenir. Et il faut parfois à l'avenir beaucoup de brouillons pour prendre l'allure qui nous convient."
Jules Renard

Alive

le 07/05/2008 à 01h40


oOo Music oOo

"Je ne me sens vivre qu'à partir de l'instant
où je sens mon existence battre dans mes veines.
J'ai besoin de croire en elle de toute mon âme
pour continuer à survivre
."

Dimanche après midi en sortant du cinéma, j'ai marché très vite pour ne pas
rater le bus.
J'ai marché entre les arbres, en regardant le sol un peu rouge
défiler sous mes pieds.
J'ai marché la tête en bas, les yeux en dessous,sans rien voir
courrir sur les côtés.

A l'arrêt de bus je suis restée la, en t-shirt, complètement à découvert, alors que, malgré quelques bouts de soleil par endroits, la pluie recommençait à tomber ...Venait recouvrir le sol qui avait déjà commencé à sécher par taches depuis l'averse de midi.

Ca tombait, par flaques, par trombes, par nuées froides...De plus en plus fort.

J'ai fermé les yeux et je suis restée en dessous à ne rien faire d'autre que me prendre ces gouttes glacées sur le visage...

J'avais les mains trempées, des petits points foncés venaient s'échouer sur le haut de mon t-shirt à mesure que la pluie s'intensifiait,.

Le film que je venais de voir me laissait toute pleine de cette sensation éphémere qui me prend parfois la gorge quand je sors d'une salle de ciné...
Une sorte d'impression de réalité alternée mêlée à une impulsion qui monte du fond du ventre et à une envie de sourire ou pleurer pour rien...

Un môme qui rêve d'Amérique,un autre qui joue du piano sur un long morceau de carton sur lequel il a reproduit les touches de son instrument fétiche.
La beauté de sa musique imaginaire qui résonne à travers les murs d'un cachot me restait coincée comme une boule au fond de la gorge.

Les gouttes ont commencé à s'espacer imperceptiblement d'abord.Puis de manière plus précise...
J'ai levé la tête et j'ai repensé à cette phrase que j'avais lue un jour contre un mur près de la gare :

"Vivre sur terre, c'est vivre sous le ciel"

J'avais trouvé ça con en la lisant, un peu trop facile, jsais pas.
Et pourtant elle a eu de l'écho pendant quelques instants dans mon esprit...

Le bus est arrivé, alors je suis montée.
Je me suis collée contre le carreau en tremblant un peu.

L'impression particulière d'après-film était déja de l'histoire ancienne.
Trop rapidement...Comme à chaque fois...
C'est une bulle qu'il m'est toujours difficile de garder intacte trop longtemps...

Heureusement il y en aura d'autres des dimanches...D'autres films, d'autres sols qui défilent et d'autres gouttes d'une pluie un peu glacée...

Il y en aura d'autres, des occasions de me sentir vivante.

It's Oh So Quiet (8)

le 26/04/2008 à 00h18


oOo Music oOo

A l'aube.

Le regard perdu dans le vide, les écouteurs pendus aux oreilles...
Je n'entends rien d'autre que la musique qui m'innonde le crâne...
Les voitures sont muettes, et le tracteur qui amasse sans ménagement de la terre sur le bas côté de la route aussi.
L'air est comme humide.

Pas vraiment une rosée matinale non. Juste cet air particulier, mélange irréel à la fois de tiède et de frais qui indique le retour des beaux jours.
Qui remplace le froid anésthésié, âpre et inodorant de l'hiver... 

Un décroché de voix ou une note un peu plus prenante que les autres troublent un instant la mélodie que j'écoute et me refilent un frisson furtif qui me parcoure le dos de haut en bas.
Un sourire me prend alors le ventre et remonte jusqu'aux lèvres...

Le soleil vient timidement se refléter contre la vitre un peu sale de l'abribus.
Je m'asseois sur le banc blanc, un peu froid, un peu humide lui aussi...
Mon doigt pousse machinalement le bouton de mon lecteur mp3 vers la chanson suivante...
Nouvelles notes familières, nouveau sourire machinal, et bouche qui mime à mi-voix les paroles sans vraiment s'en rendre compte.

Les voitures me filent sous les yeux. Je baisse la tête vers le sol.
Tout est flou, rien d'autre n'existe que ce flou.
L'amalgame de mes pensées, mêlé à la musique et au soleil froid matinal forment un tout qui défile sous mes yeux. Plus rien n'exsiste...
Imperturbable.

Le bruit bien particulier de la porte d'un bus qui s'ouvre trouble mon évasion.
Le 22 se gare au terminus pour 10 minutes.
Se gare devant moi,et devant mon mutisme matinal...

J'attends 5 bonnes minutes avant de me décider à monter...Pour profiter encore un peu de ce sol gris clair...
Je noie mes pensées dans les couleurs des chewings-gums écrasés sur le bitume depuis surement une éternité...

Puis il faut monter, sortir sa carte, la montrer au chauffeur dans un signe de tête de politesse, qui peut tout aussi bien faire office de bonjour...

Je retrouve alors ma place...Toujours la même...Privilège d'habiter au terminus de la ligne...
Place seule, sans vis à vis si possible, collée au carreau, pas trop loin de la sortie...

Je colle ma tête contre la vitre et je monte le son encore plus fort...Je me perds à nouveau dans cet ailleurs matinal...Les taches sur le siège de devant remplacent les chewing-gums sur le sol...

Bientôt, sans que je m'en sois vraiment rendu compte, le bus démarre et roule à faible vitesse ...
Ma tête tremble contre le carreau, et le soleil cogne dessus...
Sensation illusoire de chaleur, de quiétude qui berce...

Durant les 25 minutes que durent mon trajet, je ne vois pas les gens grimper dans le bus, je ne les entends pas descendre...
Ils rejoignent eux aussi ce flou particulier qui n'autorise rien d'autre que la musique et mes pensées du moment...

Le bus se gare devant l'arrêt précédent le mien.
C'est le moment que je choisis, comme toujours, pour baisser le son de ma musique, me lever et m'approcher de la sortie.
Au premier petit coup d'accélération, je presse le bouton "arrêt demandé".

Puis je presse le bouton "cette porte s'ouvrira au prochain arrêt", je descend rapidement les 3 petites marches noires qui mènent au trottoir,et je retrouve froid, soleil, et musique...

Et je marche,perdue dans mes pensées.
Regrettant déja le tremblement régulier des carreaux contre mon front, la chaleur tiède du siège, et le flou irréel et muet qui a fait office de brouillard matinal durant quelques instants...

Alors que je pousse la lourde porte grise et un peu usée de ma destination finale, je me dis que finalement le terminus n'est pas forcément toujours là ou on le pense.

Carpe Diem

le 19/04/2008 à 13h14


oOo Music oOo

Ca va plutôt bien ces temps ci...
Ca fait longtemps que je ne m'étais pas sentie aussi...légère et apaisée.

A croire que cette fichue nostalgie était comme une boule qui prend toute la place à l'intérieur et nous empêche d'apprécier ce qu'il y a de beau à voir autour de nous...
C'est juste dingue ce qu'on arrive à faire et à ressentir dès qu'on la laisse de côté...

Ida Scott Taylor a dit un jour :

"Ne regardez pas en arrière et ne pleurez pas sur le passé, car il est passé.
Ne vous en faîtes pas non plus pour le futur, car il est encore loin devant vous.
Vivez dans le présent, et faites-en quelque chose de magnifique qui vaille la peine qu’on s’en souvienne."

Depuis quelques jours j'essaie d'appliquer ce conseil à la lettre. Je fonce tête baissée dans tout ce qui se présente, sans penser aux incidences dans le futur, sans me demander si avant je l'aurais fait, si avant j'aurai osé.

J'ai un projet un peu fou, une petite idée au fond de ma tête, quelque chose qu'en fin de compte j'ai toujours voulu faire, qui a toujours été là, noyée dans la foule de mes interrogations.
J'ai décidé de laisser mes peurs de côté et de tenter. Le tout pour le tout.
Pour l'instant ça reste encore entre moi et moi, comme ça a dailleurs toujours été le cas. Mais si j'y arrive un jour, vous le saurez de toute façon ^^

Je crois qu'à partir du moment ou on arrive à se débarraser des regrets du passé et des incertitudes quand au futur, on est capables de tout.
Réfléchir avant d'agir est un vrai poison. Réfléchir c'est forcément trouver de bonnes raisons de ne pas faire quelque chose. C'est passer à côté.

J'ai décidé d'agir avant de penser, de parler d'abord et de tourner 7 fois ma langue dans ma bouche seulement ensuite...

Hier et demain n'existent plus, je ne vis plus que pour aujourd'hui. Mon objectif n'est plus de vivre des beaux moments dans l'avenir. Il n'est plus non plus de retrouver ceux du passé.
Non, mon objectif c'est d'aller me coucher chaque soir en étant heureuse de ce que j'ai fait de ma journée. En ayant rendu chaque journée un peu spéciale, que ce soit par un acte anodin ou en accomplissant de grandes choses...

Aujourd'hui le soleil brille, le vent est doux, c'est samedi, et super cousin m'attend pour passer un après-midi juste tous les 2...
Un de ceux qui peut être me fera aller me coucher avec le sourire ce soir :)

"Le changement arrive comme le petit vent qui agite les rideaux à l’aube"
John Steinbeck

Coup de coeur

le 15/04/2008 à 21h19

 

Libertà - Pep's

Tu sais qu'il y a un bateau qui mène au pays des rêves
Là-bas où il fait chaud, où le ciel n'a pas son pareil
Tu sais qu'au bout d'cette terre
Oh oui les gens sèment
Des milliers d'graines de joie comme pousse ici la haine
On m'avait dit p'tit gars
Là-bas on t'enlève tes chaînes
On te donne une vie
Sans t'jeter dans l'arène
Comme ici tout petit après neuf mois à peine
On te plonge dans une vie où tu perds vite haleine
Alors sans hésiter
J'ai sauté dans la mer
Pour rejoindre ce vaisseau
Et voir enfin cette terre
Là-bas trop de lumière
J'ai dû fermer les yeux
Mais rien que les odeurs
Remplissaient tous mes voeux

{Refrain:}
I just wanna be free in this way
Just wanna be free in my world
Vivere per libertà
Vivere nella libertà

Alors une petite fille aussi belle que nature
Me prit par la main et m'dit : "Suis cette aventure"
On disait même, oh oui que la mer l'enviait
Que la montagne se courbait pour la laisser passer
Elle m'emmena au loin avec une douceur sans fin
Et ses bouclettes dorées dégageaient ce parfum
Qui depuis des années guidait ce chemin
Ton chemin, mon chemin, le chemin

{au Refrain}

Pour arriver enfin à ces rêves d'enfants
Qui n'ont pas de limites comme on a maintenant
J'ai vu des dauphins nager dans un ciel de coton
Où des fleurs volaient caressant l'horizon
J'ai vu des arbres pousser remplaçant les gratte-ciels
J'ai vu au fond de l'eau une nuée d'hirondelles

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