Crepuscule-Road

I believe I can fly

le 10/04/2008 à 00h28


oOo Music oOo
(Ecouter Give it away)

Il y a ce rêve étrange et réccurent qui revient sans arrêt...
Hier soir encore.

Je peux sauter sans me faire mal...
De n'importe quelle hauteur, à n'importe quel endroit...

Chaque fois que je fais ce rêve, je ressens parfaitement chaque sensation au point que ça en est troublant...

Les yeux qui se ferment doucement, la sécurité de mes pieds sur la terre ferme avant l'impulsion du saut, le vent frais et galvanisant qui me fouette le visage quand je m'élance...Et l'aterrissage en douceur 40 mètres plus bas.

Quand je me réveille ensuite, il y a toujours cet instant perdu entre sommeil et éveil, ou je crois que tout ça c'est parfaitement logique, possible et réalisable, même les yeux ouverts.
Mon corps, encore empli de toutes ces sensations à la conviction qu'il est capable de tout ça, et par dérivation je ressens la même chose.

Pourtant au quotidien, j'ai un vertige dingue, j'ose à peine me tenir debout sur une chaise pour changer une ampoule...Le vide m'effraie...
Je suis toujours la froussarde de la fête forraine qui supplie de ne pas faire le grand manège et qui pense qu'elle va mourrir à chaque instant si par hasard on l'a finalement convaincue de monter dedans.

Mais dans ces rêves je me sens différente...remplie d'une sensation de liberté déconcertante. Rien n'est plus impossible puisque je peux sauter du haut d'un immeuble et retomber sur mes pieds sans la moindre douleur.

Parfois j'aimerai pouvoir enfermer un peu de cette conviction naïve quand je me réveille le matin...En mettre un peu dans une bouteille, de côté pour quand j'en aurai besoin de ce côté ci de la vie, du côté ou on avance avec les yeux ouverts.

Parce qu'en fin de compte, bien souvent, ce qui nous manque pour oser dans la vie, c'est cette naiveté de penser qu'on ne risque rien à l'atterrisage. Comme l'enfant qui approche sa main du feu ou escalade le rebord d'un muret suspendu au vide, inconscient du danger qui le guette.

La vie nous apprend peu à peu, à avoir peur de tout. Des dangers bien réels, mais aussi de ceux qu'on se figure, pas toujours à juste titre...

Résultat on ne se lance plus...On ose plus sauter dans le vide avec assurance...On ne dit pas à cette personne qu'elle nous plait alors qu'on en crève d'envie, on ne remet pas en place une personne qui nous traite de la mauvaise façon de peur de sa réaction, on n'ose pas dire à nos parents que ces études la ne sont pas pour nous, on n'ose pas faire tout ce qui nous démange et qu'on renferme dans un coin de notre tête des dizaines de fois par jour...

J'ai l'idée peut être idiote, que ces fameux rêves sont la frustration combinée de tout ce que je n'ai pas osé faire de peur de me faire mal à l'aterrissage.  Que mon inconscient m'envoie une sorte de message...

Malgré la beauté de ces rêves, et la sensation de puissance qui m'envahit dans ces moments là, j'espère qu'un jour, ils ne seront plus utiles .

Que j'aurai appris à sauter les yeux ouverts...
Sans avoir peur de me brûler ou de tomber du muret...
Sans avoir peur d'oser tout simplement.

Can we live with no regrets ?

le 06/04/2008 à 16h58


oOo Music oOo

Ma vie n'est pas un film.

A trop regarder les gens vivre des choses plus belles que moi,à tant plonger mes attentes dans les belles histoires projetées sur mon écran de télé ou dans les salles de cinéma...A trop renfermer ma nostalgie et mes états d'âme dans des paroles de chansons...A trop envier la vie des autres...
J'en ai oublié de vivre la mienne...

Ces 2 dernières années,à trop regarder en arrière, sur les côtés ou même juste au dessus de ma tête, j'ai simplement oublié d'avancer...

Ces temps ci je me sens prise d'une envie folle d'aller de l'avant, d'arrêter de me prendre la tête pour tout et n'importe quoi, d'arrêter de chercher l'assentiment des gens et surtout leurs sentiments pour me sentir forte, pour sentir qu'on me pousse à avancer...
J'ai juste envie de foncer sans réfléchir et sans attendre le coup de main du destin...

Je crois que pour la première fois de ma vie j'en ai marre du passé, marre de ce personnage que je me suis crée et qui ne vivait que pour le "avant".
Avec le temps je suis devenue une sorte de carricature ridicule de moi même...

J'ai passé les derniers mois à regretter l'absence de beaux moments dans ma vie, l'absence d'instants particuliers, de sentiments forts, sans comprendre qu'à me plaindre et me complaindre dans cette situation, je ne faisais qu'empirer les choses en énervant les gens au passage.

On est les ennemis de nos propres envies, les ennemis de nos propres rêves.
J'ai plus envie de pleurer sur un passé qui était "sensément" mieux que le présent...
Plus envie d'être nostalgique et de regretter une période de ma vie qui n'est qu'histoire ancienne...

On ne refera pas le passé alors que le futur est encore une toile vide qui ne demande qu'à se remplir...C'est quand même une idée stupide de ne regarder que celle sur laquelle on ne peut plus rien modifier...
Il m'a fallu du temps pour le comprendre...

J'ai envie de vivre d'autres beaux moments, ceux qui reviendront me chatouiller la mémoire dans une vingtaine d'années...Sans avoir à ressasser toujours les mêmes moments sous toutes leurs formes parce que je ne me suis pas donné les moyens d'avoir autre chose à mettre dans la boite à souvenirs...

Je veux recommencer à jouer du piano, aller voir Cabrel en concert en Octobre avec Bastien, passer des vacances d'été entre amis à savourer de bons moments...Je veux retrouver à nouveau mon indépendance, vivre seule, rencontrer à nouveau des gens, me créer de nouvelles habitudes, inviter Super Cousin dans mon nouvel appartement ou forcément il y aura un grand balcon, racheter une nouvelle guitare parce que ça me manque, je veux passer mon permis même si le code m'a toujours découragé jusque là, je veux trouver enfin ma voie...Pas celle pour faire bien, pas celle juste pour faire quelque chose...Celle ou j'ai envie de me lever le matin rien que parce que c'est la bonne...
Je veux recoller les morceaux d'amitiés qui sont parties en vrac, je veux repartir en voyage, (j'ai envie de Canada).
Je veux passer un week end à Londres sans rien amener d'autre que moi et un sac à dos (et puis qui voudra si il y a des volontaires le moment venu^^). Je veux refaire partie d'une chorale parce que j'ai toujours adoré ça, les harmonies vocales qui remplissent à l'intérieur...
J'veux reprendre le tennis même si je suis toute rouillée et que j'étais nulle, j'veux aller voir des gens dans toute la France, dormir tard le soir et me lever tôt le matin...J'veux du soleil ^^

J'ai des tas de projets, des envies qui n'attendent qu'un coup de pouce pour se concrétiser...
Et j'viens seulement de remarquer que le fameux pouce il est au bout de ma main, et pas ailleurs...
Alors fini de compter sur les signes du destin pour que les choses se concrétisent...

Il parait que notre destin est écrit, que le déroulement de notre vie est consigné dans un grand cahier abstrait quelque part la haut ou en bas...On sait pas trop comment ça marche...
 
Mais la vérité c'est qu'une seule personne tient le crayon, une personne qui est libre de changer d'avis, de barrer des choses, de commencer à écrire sur une nouvelle page même si la précédente n'est pas terminée, qui est libre de choisir les couleurs, les formes et même les odeurs de ce qu'elle écrit (y a des crayons senteurs fruits^^), qui est libre d'écrire d'où elle le souhaite...

Et cette personne c'est nous.

Four seasons...

le 05/04/2008 à 22h23



oOo MUSIC - Coup de <3 oOo

A l'arrivée du mois de Décembre, j'ai bien r'gardé
La hauteur du ciel descendre, et l'hiver arriver
J'était presque content d'le voir, en l'observant se déployer
J'ai mis une veste au d'ssus d'ma veste, pour pas trop cailler
J'ai vu la nuit qui tombait tôt, et les gens qui marchaient plus vite
J'ai vu la chaleur des bistrots avec la buée sur les vitres
La d'ssus la nature est fidèle, j'ai vu le jour se lever tard
J'ai vu les guirlandes de Noel, qui m'foutent le cafard
J'ai aimé avoir les mains gelées, pour les mettre au fond de mes poches
J'ai adoré marcher dehors, quand tu sais qu'la maison est proche
J'ai souri bêtement en voyant qu'y avait plus de fleurs sur les balcons
J'ai regardé le ciel tout blanc, y avait même des flocons
Certains matins j'ai vu qu'le gîvre avait squatté derrière les f'nêtres
J'ai vu les gens re'vnir du ski avec la marque des lunettes

J'commençais juste à m'y habituer, mais les jours ont rallongé
J'ai compris que le printemps, allait emménager
Le mois d'mars avait tracé en un battement d'cil
Et on m'a dit qu'en Avril faut pas s'découvrir d'un fil
Mais moi j'ai peur de rien, alors malgré les dictons vieillots
J'ai enl'vé une de mes deux vestes, pour pas avoir trop chaud
J'ai vu les arbres avoir des feuilles, et les filles changer de godasses
J'ai vu les bistrots ouvrir plus tard, avec des tables en terrasse
Y 'avait pleins d'couples qui s'embrassaient, c'est les hormones, ça réagit
C'est la saison des amours, et la saison des allergies
C'est vrai qu'jai eu le nez qui coule, et jme suis frotté les yeux
Mais j'ai aimé la chair de poule, pendant un coup d'vent affectueux
Sur les balcons ça bourgeonnait, j'ai ri bêtement à cette vision
J'ai regardé le ciel bleu pâle, y avait même des avions
Ma factrice a r'ssorti l'vélo, j'étais content pour elle
Content aussi pour le daron, qui aime le retour des hirondelles

J'commençais juste à m'y habituer, mais l'thermomètre a augmenté
J'ai compris c'qui nous pendait au nez, c'était l'été
Au moins d'juin on change de teint, fini d'être albinos
C'est la période des examens, et puis celle de Roland Garros
Ca sent les vacances à plein nez, il va être l'heure de se tirer
Moi j'ai enl'vé ma dernière veste, pour pas transpirer
J'ai vu qu'il faisait encore jour, même après le début du film
Pour ceux qu'ont des poignées d'amour, il est trop tard pour le régime
Les mecs sont assez excités, et ça les préoccupe
Que les filles sortent leurs décolletés...et leurs minijupes
J'ai aimé rechercher l'ombre, quand y avait trop d'soleil
J'ai aimé dormir sans la couette, pour raffraîchir le sommeil
Sur les balcons c'était la jungle, y avait pleins d'fleurs et pleins d'feuillages
J'ai regardé le ciel tout bleu, y avait même pas de nuages
J'ai adoré conduire la nuit, la vitre ouverte en grand,
Avec le bras gauche sorti, qui fait un bras d'fer contre le vent

J'commençais juste à m'y habituer, mais j'ai vu une fleur fâner
Et j'ai compris que l'automne, était déterminé
C'est surtout à partir d'octobre, qu'c'est la saison la plus austère
Moi bizarrement je la trouve noble, c'est celle qu'a l'plus de caractère
J'ai vu des feuilles qui tournoyaient, comme des ballons de baudruche
J'ai remis une de mes vestes, avec une capuche
J'ai vu la pluie, j'ai vu le vent, et un rayon d'soleil malade
J'ai vu les k-way des enfants qui partent aux chataignes, en ballade

J'ai marché dans les feuilles mortes, et sur les trottoirs mouillés
J'ai vu les bars changer d'couleurs, ils étaient tout rouillés
J'ai aimé les lumières d'la ville, qui se reflètent dans les flaques
Et les ptites bourrasques de vent, qui mettent les brushings en vrac
Sur les balcons y avait qu'des branches, sans feuilles et sans raison
J'ai regardé le ciel tout gris, y avait même plus d'horizon

Et puis l'hiver est revenu, et les saisons se sont perpetuées
Les années passent, la vie aussi, on commençait juste à s'y habituer
On est les témoins impuissants, du temps qui trace, du temps qui veut
Que les enfants deviennent des grands, et que les grands deviennent des vieux

Grand Corps Malade - Les 4 saisons

Garden Memories

le 28/03/2008 à 02h08


oOo Music oOo

Cette chanson éveille en moi des saveurs d'enfance incroyables...

C'est une des toutes premières que j'ai adoré, alors que je ne connaissais même pas son nom...
De ces chansons que mon père écoutait en voiture (même si lui c'était plus la version UB40), mais qui passaient trop rarement à la radio...
Je tombais toujours sur les dernières secondes de celle ci en particulier et ça me frustrait à un point inimaginable...

Ca a été un de mes premiers coups de coeur musicaux...Elle est synonyme de toute une partie dorée de ma vie...Une partie douce et ensoleillée...Une partie sucrée qui m'fait simplement sourire quand j'y repense...Une légèreté et une insouciance quasi iréelles vues d'ici... 

Aux premières notes je me revois assise par terre sur la moquette dans le salon de ma première vraie maison...Les volets sont entrouverts et laissent simplement passer un halo à travers les rayures...
C'est le matin, au beau milieu de l'été et le soleil décore par endroits la moquette de nuances claires...Je laisse machinalement une de mes petites mains sur le sol qui se réchauffe un peu...A la télé les clips défilent sur la 6.
En haut ma mère passe l'aspirateur dans les chambres...Alors je monte le son....

Dans le salon ça sent déja son passage quelques minutes plus tôt, odeur d'aspirateur, de repassage (la veille c'était surement un dimanche), mêlée à celle du désodorisant à la pêche qu'on avait à l'époque...

Puis ça sent l'odeur de chez nous tout simplement...Celle qui se dégageait des vieux canapés, des fleurs un peu fanées, et même des barreaux des chaises contre lesquels je posais quelquefois mon front pendant que je regardais la télé...

Ca sent le dehors d'été aussi...La pelouse qu'on a tondue la veille toujours sur le même petit principe...Ma mère qui tond, puis mon frère, ma soeur et moi, habillés de nos vieux vêtements, à ratisser et ramasser tout ça...En voulant être celui qui a le rateau surtout ! 

Il y avait 3 rôles bien distincts ! Il y avait celui qui ratissait tranquille, qui faisait des gros tas un peu partout dans le jardin, puis celui qui ramassait les herbes, branches et feuilles des tas et les mettais dans un sac poubelle avec de gros gants pour pas se blesser, et enfin celui qui faisait exactement la même chose mais sans gants parce qu'on n'avait qu'une paire ^^
C'était toujours la bagarre pour pas être celui la...Alors on faisait des tours...

J'adorais notre jardin...Sa grande balançoire qui grinçait trop, qui servait de but pour jouer au foot ou de poteaux de rugby derrière lesquels je plaquais mon frère quand on y jouait, morts de rire tous les deux...
Il y avait le grand mur sur le côté, pour les parties de balle au mur, avec la balle qui forcément partait toujours chez les voisins...Et la encore c'était la bagarre pour savoir qui irait le chercher...

Il me manque ce simple endroit de verdure pas bien grand mais empli de souvenirs...Ces soirées passées à jouer dehors jusqu'à la nuit tombée,en basket ou pieds nus, les odeurs d'été, les ciels roses, les concours de jongle au pied avec le ballon de foot, les parties de cache-cache avec toujours les mêmes cachettes, le voisin alcolo qui jetait ses bouteilles de bière dans notre buisson collé à la cloture...

Puis les soirées avec la famille qui venait manger et du coup on restait dehors tard, les salades composées, la grenadine avec des glaçons, les pailles avec lesquelles on faisait plein de bruit, les fraises au sucre en dessert, on s'en mettait partout alors du coup on avait des taches irrécupérables sur nos t-shirts...Les courses dans le noir avec les cousins, les bouderies, les secrets, les rapportages, les parents qui interrompent leurs conversations de grands, de ces conversations qui se consument à la simple lueur de leurs cigarettes dans ce jardin plongé dans la pénombre, pour nous dire de nous calmer "Sinon on rentre et tout l'monde au lit!"

Alors on repartait dans l'autre sens et on jouait au loup de plus belle. Jusqu'à ne plus rien voir, ne plus avoir de forces, jusqu'à tomber sans arrêt et rire pour rien, allongés dans l'herbe fraiche, jusqu'à ce que les oncles et tantes réccupèrent leurs petits monstres assoupis pour les glisser doucement dans la voiture, et que nous même on se dirige d'un pas trainant, en baillant jusqu'à nos chambres en écoutant à peine l'habituel "Vous vous brossez les dents, vous mettez vos pyjamas, vous allez aux toilettes, et au lit !" de ma mère...

Et là dans la fraicheur des couvertures, la tièdeur de cette nuit de juillet, avec notre fenêtre entrouverte, on entendait les voix des grands en bas devant la maison qui se disaient au revoir avec cette fameuse voix, savant mélange de chuchotement et d'absence totale de discrétion paradoxalement...
"Rentrez bien ! Soyez prudents ! Vous faites pas arrêter par la police hein !"
Autant de conseils mêlés à quelques rires de ma mère que je reconnaissais parmi celui des autres...

Puis enfin je m'endormais, épuisée, encore un peu de fraise et de sucre collés sur le coin des lèvres...Prête à recommencer à courir, jouer au foot et même à ratisser le lendemain si il le fallait...Sur la chaise à bascule près de ma porte, des habits tout propres, prêt à subir les assauts colorés de ce jardin que j'aimais tant...

Cette chanson éveille des saveurs d'enfance incroyables en moi...Je me ferais jamais au pouvoir que la musique a sur mes souvenirs, sur les sensations et les odeurs...

Si seulement ils inventaient les chansons qui font remonter dans le temps pour de vrai...Je signe pour être cobaye tout de suite moi !

Que ferait-on pas pour la science, j'vous jure ^^

oOo La version UB40 oOo
(Plus estivale je trouve)

Pour les nouvelles médicales je ne suis toujours pas fixée malheureusement...Je sais juste que mes analyses de sang ne sont pas très bonnes. RDV Lundi matin chez le médecin pour "peut-être" en savoir plus. Je croise les doigts ^^

 

Et dans 150 ans...

le 23/03/2008 à 22h59


oOo Music oOo

On me dit que ça peut être grave tout ça...
Puis on me dit, que d'un autre côté ça peut aussi très bien n'être absolument rien.

J'ai comme une espece d'intuition qui me confirme que c'est rien de toute façon...
Une sorte de conviction intérieure qu'on a tous parfois et qu'on appelle l'intuition...
Cette petite voix qui me chuchote de ne pas m'inquiéter,qui me laisse entendre que mercredi ou jeudi ou me tendra mes résultats d'examens et on me confirmera que ce n'était rien d'inquiétant, que ma vie peut continuer sur sa lancée.

On oubliera tout, les inquiétudes, les stress injustifiés, et on repartira, comme en 40 !

Malgré tout, depuis quelques jours je réfléchis beaucoup à une question que chaque homme est amené à se poser un jour ou l'autre, mais que je ne m'étais jamais posée dans ce sens, dans ce contexte...
A quoi se résume le sens de ma vie en fin de compte ?

Si demain on m'annonçait qu'il ne me reste qu'un mois à vivre, que quelques semaines, je sais parfaitement ce que je ferais !
J'enverrais ballader toutes ces interrogations sur mon avenir...
Comment gagner ma vie ?
Je vais enfin rencontrer quelqu'un ou rester seule pour toujours ?
Est ce que je veux des enfants ou pas ?
Est ce que telle ou telle personne m'aime autant que moi je l'aime ?
Est ce que Franklin va finir par porter des chaussures qu'on sache enfin comment (et pourquoi) il a appris à faire ses lacets ?

Je laisserai tout ça de côté, j'arrêterai de me retenir de dire des choses aux gens de peur de leurs réactions, j'arrêterai de me formater dans un monde qui ne me convient pas, j'arrêterai d'avoir peur de l'avenir...Je profiterais, je ferais des trucs cons et moins cons...Des trucs fous et moins fous...
Je dirais à Sébastien Lucas que j'ai passé près de l'intégralité de mon enfance à ne penser qu'à lui, j'avalerai un pot de 2 litres de glace à la vanille sans reprendre ma respiration...Je voudrais voir tant de films, lire tant de choses, écouter tant de belles mélodies avant de ne plus pouvoir...
Je prendrais des cours de tas d'instruments en accéléré, apprendrait à dessiner mieux que le mec qui fait Le Chat, deviendrait aussi douée que Cyril Lignac pour faire la cuisine...

Et puis, en admettant que je n'ai pas le souci de l'argent, alors là je ferais le tour du monde, je ferais ce road trip dont j'ai tant envie, je passerai du temps avec les gens que j'aime, j'aurai pas peur de le leur dire, parce qu'après tout j'men ficherai de leur réaction, je serais sur le point de mourir alors bon hein, les état-d'âme ^^

Voila, je pense à tout ça et je fais un constat amer...
Je me rends compte que mercredi, on va très probablement me dire que tout va bien (du moins je me le souhaite ^^), et la je vais retourner à ma vie banale et bien rangée. Je ne vais pas arrêter d'avoir peur d'exprimer mes sentiments, je ne vais pas faire toutes ces choses que je ferais si il me restait que peu de temps à vivre...Non au contraire...

Pourtant, avec seulement un mois devant moi j'aurai du condenser tous ces apprentissages, ces visites, ces découvertes, ces déclarations...
Et là, aussi con et paradoxal que ça puisse paraitre, si on m'explique dans 3 jours que j'suis repartie pour un bon moment, et que donc j'ai tout le temps que je veux pour réaliser ces choses, voir ces films, lire ces livres...Ben j'en profiterai même pas...Pas comme je devrais, pas comme je pourrais...

Je vais repartir dans mes interrogations sur l'avenir...Que faire, que choisir, comment ne pas me tromper ?
Je vais continuer à avancer, paralysée par cette fichue bulle de questions qui gravitent autour de moi et qui m'empêchent d'y voir clair sur ce qu'il y a au dela...

Et dans 10 ans, dans 20 ans, dans 30 ans, je regarderai en arrière et j'aurai des tas de regrets, tout simplement...Parce que quoi qu'il arrive, de toutes ces choses que je viens de citer je n'en aurai pas fait le quart...

Bordel pourquoi faut il se savoir menacé pour oser faire toutes ces choses ? Pourquoi la perspective de vivre encore des décennies ôte tout courage...Pourquoi quand on sait qu'on a encore le temps on remet toujours au lendemain des choses qu'on ne fera finalement jamais ?
Je voudrais pouvoir tout plaquer sans conséquences, dire et faire tout ce dont j'ai envie sans penser aux répercussions sur l'avenir...

C'est ptêt ça le problème, un avenir j'en ai un...Et c'est comme si on demandait à un SDF de remplir une immense valise...Il n'ira pas très loin, plus y a de place et plus y aura de vide...
Plus j'ai de temps devant moi, et moins je sais comment faire pour qu'il ne soit pas gaspillé inutilement...
Je ne veux pas arriver à 60 ans, regarder derrière moi et avoir juste les boules parce que jme suis laissée bouffer toute ma vie par des questions et des barrières invisibles.
Ca sera alors tellement facile vu de la bas de me dire que j'ai merdé. 

Par contre revenir pour corriger le tir, à moins que d'ici la on invente une machine miraculeuse, ça sera quand même pas gagné...

J'voudrais trouver la force, le courage et la ptite étincelle qui feraient que dès demain je commencerais à faire chaque jour, chaque semaine, chaque mois, une de ces choses qui me font envie, qui me font rêver...

Pour chaque jour un peu plus remplir la valise, au point que ça mfera bien marrer de pas réussir à la porter quand j'aurai 60 ans et plus un dos digne de ce nom :)

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