Trottoirs bleu-pluie, chaussée qui glisse
Nuit de brouillard, lumières artificielles
C'était il y a une semaine déja...
Debout, seule sous la pluie. A 4h du matin...
La pluie est parfois la bienvenue, quand de sa fraicheur glaciale elle efface quelques traces salées sur le visage rempli de larmes de quelqu'un qui n'a pas envie qu'on lui pose des questions à ce sujet...
Qui ne s'est jamais caché pour pleurer tranquille ?
Tout laisser sortir...
Cette boule à l'intérieur, qu'on crève d'envie d'expulser par chaque pore de sa peau, la noyer sous cette pluie une bonne fois pour toute...
Pleurer pour une raison principale mais sentir qu'en fond y a tellement d'autres choses encore plus fortes...
Dans nos intérieurs d'infinie solitude
On rêve d'ailleurs sous d'autres latitudes
Je me suis sentie seule...Ca a été ça la grosse partie à noyer je crois...
J'ai regardé l'heure sur mon portable, il était 4h17. Et j'étais la, trempée, dehors, devant les portes éléctriques de cet hopital qui ne cessaient de s'ouvrir pour laisser entrer des pompiers, des ambulanciers et des gens blessés ou pour laisser sortir des proches inquiets, des fumeurs compulsifs, et puis des comme moi aussi...Qui remerciaient la pluie de tomber...
Seule...
J'ai fini par rentrer à l'intérieur et je me suis assise sur un de ces sièges en plastique inconfortables près des machines à café...
J'ai du relire 50 fois les mêmes affiches, les mêmes petits morceaux de papier plaqués sur les murs...Toutes ces phrases remplies de vocabulaire médical, d'invitations à ramener sa carte vitale ou ses papiers d'identité en cas d'hospitalisation...
Dans le couloir plus loin deux internes faisaient la course sur deux chaises de bureau roulantes...
Seule...
On passe nos vies à vouloir se défaire de cette sensation de manque...Cette envie d'être 2...
Cette envie d'être plusieurs même tant qu'à faire...
On court après l'assentiment des autres, après leurs sentiments aussi...Surtout...
On a besoin de se sentir aimés, d'avoir la sensation qu'il y a des gens derrière nous, devant nous...A nos côtés...
La solitude coupe nos ailes, elle enferme nos rêves dans des prisons de verre innaccessibles aux autres et à nous même...
Il faut des gens autour de nous pour accepter de se laisser pousser vers plus haut, pour accepter de réaliser des grandes choses...Pour avoir confiance en nous même...
Qui peut dire qu'il n'a besoin de personne ? Que la solitude complète lui convient parfaitement ?
Qui ne rève pas quelque part d'être simplement reconnu à sa juste valeur ? D'être compris ?
Ce que chaque homme fait est manifesté par son envie de se faire comprendre de quelqu'un d'autre...Le language, l'art, la musique, la peinture...
Nos blogs à tous...
Dans tout ce qu'on entreprend on cherche une ouverture sur les autres...On cherche à se faire comprendre...On cherche a faire partager notre musique intérieure...
Parfois je me sens incomprise...
J'ai l'impression que personne ne sait déchiffrer mes dessins, ne lit à travers les lignes de ce que j'écris, ne comprend ma musique, mes mots, mes façons d'être au quotidien...
Et dans ces moments là je me sens seule...
Il y a ce vide, ce fichu vide à combler qui brule la gorge et les yeux...
Cette envie un peu ringarde et kitch (dans le sens ou on m'a éduquée), d'être "aimée"
Cette envie que ma mère ne détourne pas la tête dès que les choses deviennent un peu sentimentales entre nous...
Cette envie que tout ces sentiments non partagés pour certaines personnes le soient enfin...
Cette envie...
La solitude c'est un vide qui se remplit pas, un récipient percé qu'on sait pas vraiment comment réparer...
Et puis parfois...On se lève un dimanche matin et on trouve quelques mots dans sa boite email...
Ces mots d'une des personnes qui compte le plus au monde pour nous...
Un cousin, un ami un frère qui a tout partagé de notre vie...